Le Junkers 52 Graupner

Ma tante, en poly sur le potiron !

Eh oui, Halloween n’est pas loin alors faute de balai volant, je me suis rabattu sur « ma tante ». Comment ça neveu indigne ? Simplement M. Graupner nous a concocté un petit JU52 (affectueusement surnommé « tante Ju ») d’une taille toute riquiqui, voyez vous-même :

Cerise sur le gâteau pour les pressés (ou sentiment d’horreur pour les puristes du balsa amoureusement mis en forme) l’objet est livré en 3 parties à assembler, avec quand même la délicate tâche de mettre en place la radiocommande (gros doigts maladroits s’abstenir, la place est comptée !). Cela permet une finition superbe –reproduction facile de la tôle ondulée et de plein de détails (comme par exemple les hélices, avec des hélices de remplacement livrées d’origine).

Pour équiper l’oiseau il va vous falloir 2 servos ultra miniature genre 3,6-4 g que l’on trouve maintenant sous diverses marques, un micro récepteur (j’ai utilisé un récepteur potensky 4 voies qui est une petite merveille) et un variateur 6-7A le plus petit possible (le mien est un castle création pixie20A qui me sert sur mes indoors, il est tout petit-petit )

L’assemblage se résume à la mise en place de l’empennage, pas de réglage possible ni d’erreur, le système est une glissière en plastique. Là on voit que le moulage du dessus du fuselage n’est pas parfaitement aligné, mais avec 2 pas de recul ça ne se voit plus. L’empennage est déjà réalisé avec les charnières déportées quasi-maquette, les guignols, il n’y a besoin que d’une goutte de cyano spécial polystyrène pour le maintenir en place.

La partie RC se résume à mettre en place les servos avec du double-face selon la notice (très bien faite avec en prime plein de conseil sur la mise en l’air-elle gagnerait quand même à insister sur les avantages d’aller dans un club pour des conseils et l’apprentissage). A faire attention quand même de bien coller les servos le plus au fond possible, la place est comptée et le système de verrouillage du train d’atterrissage prend un peu de place et risque de coincer le bras du servo le plus avant

Bien vérifier que les commandes débattent sans point dur, la puissance des micro servo n’est pas phénoménale. Sur le mien, j’ai du refaire une tringle en CAP 0.5, celle d’origine étant courbée et frottant trop dans la gaine. Bien nettoyer aussi les CAP qui sont mise en place avant peinture et qui bénéficient aussi d’une couche fine de peinture métallisée ce qui n’améliore pas le glissement.

Pour la batterie j’ai opté pour 2é lipo 850 MHD prévus pour 8.5A max, ils vont etre à l’aise, l’accu nimh de 180mAh fourni avec le modèle pèse quasiment le même poids pour un courant max/capacité ridicule. Mais si vous avez des 350 mAh Kokam cela suffira ou des 740 mAh encore mieux (histoire de réutiliser l’existant des indoor
Par contre pour que cela rentre, il a fallu gratter un peu du remplissage en polystyrene du fond du compartiment batterie (ça n’affaiblit en rien l’aile), le petit couvercle ferme parfaitement le compartiment.

Le train est pivotant, permettant un rangement plus simple, avec un petit clip en plastique pour le tenir en position

Prêt à voler, on obtient un poids de 188 g pour 160 grammes annoncés par le constructeur. Vu que j’emploie des éléments plutôt plus légers que ceux recommandés, je ne vois pas bien comment ça peut être possible, en version vol libre peut être ? (4g de récepteur, 8g de variateur, 2 servos à 4g plus la filasse et on y est !) mais bon ça devrait voler !

Réglage de la radio comme sur la notice avec un chouia de plus et les dual rate prêts au cas ou plus serait trop. Essai moteur avec les petites hélices fournies (façon semi maquettes, jolies comme tout) avec un pack bien chargé ça tourne à 11700 tours par minute avec une consommation globale de 4.2A soit 32 W en début d’accu, c’est dans les clous de la règle des 140 W/kg

Premier essai, jour sans vent (rare sous nos contrées), montage démesurément long (mise en place de l’aile, branchement batterie, refermer la trappe, le bagne quoi !) point fixe tout va bien. Posé sur la piste, vérification ultime du sens des gouvernes (qui ne s’est pas fait avoir ?) et zou ! plein gaz … Mais …Mais quessequissepasse ? le voilà t’y pas qui tourne en rond, impossible de contrer à la dérive ! Arrêt des moteurs, du moteur devrais-je dire, car un moteur a déjà décidé de se mettre en congé ! M. graupner recommande bien d’y aller mollo sur les gaz en début de décharge avec les lipo mais 15 secondes c’est court ! donc pas d’essai malgré le beau temps ..grmbll….

Retour à l’atelier et autopsie du moteur défunt : il sort facilement de sa gaine de polystyrène avec une pince, en tirant fermement mais délicatement, le collant double face cède sans difficulté.

Ca ressemble à un moteur GWS mais ce n’en n’est pas un ! L’extraction du porte charbon montre que justement il n’y en a pas et que c’est un simple balai en ressort bronze qui frotte sur le collecteur. Et comme le moteur tourne à l’envers (ben oui il est visiblement prévu pour tourner dans l’autre sens avec un réducteur genre GWS IPX) les pauvres lamelles de bronze se tordent de rire ou de désespoir au moindre coup de chaud ! (voire photo ) direction l’ordinateur, Internet et hop ! commande de 2 kit GWS pour motorisation directe, même s’ils tournent aussi dans le mauvais sens ils ont des balais en carbone ! (M. Graupner vous savez ce qu’il y a à changer, les économies de bout de chandelles finissent par coûter cher au modéliste)

Changement des 2 moteurs (parce qu’il y a peu de chance que le deuxième dure plus longtemps que le premier), remise en place des hélices et voilà prêt à un deuxième essai.

A fait comment ça 2 moteurs ? le JU 52 était un trimoteur ! Ben oui M. Graupner l’a transformé en bimoteur (Argh, horreur, damnation, sacrilège tout ça quoi !) mais pour faire passer la pilule il l’a équipé d’une hélice folle dans le nez histoire de conserver l’aspect semi maquette. A priori la puissance devrait être suffisante pour ne pas ressentir l’effet aéro frein mais on verra ça aux essais …

Deuxième tentative de mise en l’air, temps gris crachinant, (comment ça normal à Cherbourg ? ) pas de vent. Branchement, vérification des connexions, point fixe et Zy va !
Mise des gaz progressive, l’oiseau prend de la vitesse, l’axe de roulage est facile à garder avec les débattements préconisés, passage sur 2 roues, décollage, montée franche assez réaliste à mi gaz (il y a pas mal de réserve !). Le bruit est sympa avec la résonance des 2 moteurs. Premier virage à gauche, ça réagit bien à la dérive il s’incline gentiment sans hésitation, léger soutien, un peu de dérive à droite, rétablissement sans problème. Quelques cran de trim à la profondeur pour calmer des ardeurs grimpeuses et prise en main de l’animal. La vitesse peut être faible sans perdre trop de contrôle, l’avion s’enfonce gentiment sans partir d’un coté, la remise des gaz le rattrape immédiatement. L’utilisation d’une batterie lipo est très sécurisante, la puissance est là et le vol à mi gaz un vrai plaisir. Pour l’atterrissage arrivée d’un peu haut, gaz coupés, on laisse descendre, un arrondi au dernier moment, un peu de soutient et hop le voilà posé dans l’herbe. Autant le décollage de la piste ne m’a posé aucune inquiétude, autant pour l’atterrissage j’ai préféré l’herbe, les petites roues m’ont un peu inquiété et comme j’avais encore des photos à faire …

Le vol indoor a été tenté aussi. Ben , on peut oublier tout de suite, même avec une très grande salle (genre 4 terrain de hand côte côte) ça décolle sans pb mais même s’il donne l’impression d’aller doucement dehors, à l’intérieur c’est plus proche du racer que du paisible junkers, ça c’est d’ailleurs mal fini au tas, avec une hélice dans le sac (heureusement qu’il y en a d’avance), mais la bête a montré sa solidité à l’occasion.

En conclusion un joli petit park flyer qui supporte un peu de vent, mais qui nécessite des micros servos pas réellement donnés (même si ça a bien baissé), et surtout un upgrade au niveau des moteurs.

Amusez-vous bien !

– Jean-François Pion –

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